Mais aucune vie ne comporte que des petits moments parfaits. Si c'était le cas, on ne le remarquerait plus parce que cela paraitrait normal. Comment reconnaîtrais-tu le bonheur s'il n'y avait que des hauts et jamais de bas dans la vie? [...] C'était une de ces soirées où ils s'amusaient, ces soirées paratgées avec les amis, passées à danser sur leurs airs favoris. Si elle s'y rendait sans lui, elle détruirait cette tradition et remplacertait les souvenirs heureux par d'autres, radicalement différents. Or, ce n'était pas ce qu'elle voulait. Ce qu'elle souhaitait, c'était s'accorcher aux vestiges de ses souvenirs communs avec lui. Cela l'effrayait de s'apercevoir qu'elle oubliait son visage. Quand elle rêvait de lui, il était toujours quelqu'un d'autre, une personne qu'elle imaginait, avec une figure et une voix différentes. De temps à autre, elle faisait sonner son téléphoe portable, juste pour entendre sa voix sur le répondeur. Son odeur était partie de la maison; ses vêtements avaient disparu depuis longtemps, selon ses propres directives. Il s'effaçait de son esprit et elle se cramponnait à tout ce qu'elle pouvait retenir. Chaque soir avant de s'endormir, elle s'appliquait à penser à lui dans l'espoir de rêver de lui. Elle avait même acheté son après-rasage favori et en avait aspergé les pièces, dans l'esport de se sentir moins seule. Parfois, lorsqu'elle était dehors, une odeur ou une chanson familières la transportaient en arrière, dans une autre époque, un autre lieu.
A u _ t e m p s _ d u _ b o n h e u r __